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mardi 20 septembre 2011

Le gynécologue

Un gynécologue a changé ma date de déclenchement, sans m'en avertir, sans en avertir mes sages-femmes, sans explication, rien, de façon assez fourbe, en plus.

Ce gynécologue ne me connait pas. On s'est vu deux fois 5 minutes pour une échographie de contrôle, à 2 mois d'intervalle. Il ne connait rien du déroulement de ma grossesse, il ne sait rien de moi, de ma santé, de mes envies. Il ne sait rien de rien. Il sait que tout se passe bien, oui, ça il me l'a dit à la dernière échographie et en regardant le résultat de mon dernier monito. Ça ne l'empêche pas de décider que ce bébé a dépassé la date limite, qu'il faut qu'il naisse et plus vite que ça.

L'ennui c'est qu'en annulant le RDV pris par mes sages-femmes, celles qui me suivent depuis le début, depuis 7 mois, celles qui m'ont fait toutes mes prises de sang, qui les ont analysées, qui m'ont traitée en fonction et qui savent mieux que quiconque comment s'est passé ma grossesse, en annulant leur RDV donc, il m'oblige à me faire déclencher le jour qui l'arrange lui, cet inconnu. Évidemment, deux jours avant le jour qui était prévu initialement, parce que c'est comme ça, parce que 10 jours post-terme c'est déjà trop, parce qu'il ne faut pas non plus croire qu'on fait ce qu'on veut comme on veut, non mais !

Donc, ce médecin, si je le croise, dans l'état dans lequel je suis maintenant, je jure que je l'émascule.

dimanche 11 septembre 2011

Gardons le moral sans en avoir l'air...

"Si elle est en retard, c'est qu'elle viendra"
(la citation marche aussi au masculin)

Sacha Guitry


Pour de vrai, ça va. Hier, j'ai même ressenti un tout nouveau sentiment : de la fierté. Je me suis dis "je fais des bébés qui aiment rester au fond de moi, je leur donne ce qu'il faut, ils sont bien" et cette pensée m'a réconfortée. J'ai pensé aussi que finalement, quelques jours de plus ou de moins ne sont jamais que quelques jours. Je sais désormais que ce n'est que le chemin pour se rapprocher de plus en plus de notre quatuor... Alors, ce chemin, je l'aime.

Et tout ça malgré 3h30 de sommeil nocturne...

jeudi 8 septembre 2011

Mes sages-femmes, mes héroïnes !

J'étais pleine de colère, pleine de sentiments durs et violents, j'avais les larmes au bide. Quand elle a ouvert la porte, j'étais prête à lui pleurer toute mon agressivité.
On s'est installés. Elle m'a écoutée, m'a entendue et m'a soulagée de tout le poids en moi. Alors j'ai pu sortir de là plus tranquille, plus sereine, plus détendue, heureuse à nouveau.

J'ai un feu qui crépite dans le ventre. Elles savent me le faire entendre.

mercredi 7 septembre 2011

J'accoucherai quand...

Tous les jours, je me laisse aller à une prédiction à chaque fois plus débile...

J'accoucherai quand...

- Le flacon d'huile anti-vergetures sera terminé (ça, c'est fait !)
- Le deuxième flacon d'huile sera terminé (c'est pour bientôt)
- J'aurais terminé ma plaquette de fer (mais pourquoi j'oublie de le prendre ??)
- La "to do list" sera complètement raturée (c'est fait aussi !)
- Le sac de tisane de Juliette sera terminé (ça c'est une prédiction complètement stupide, étant donné qu'il me faudra 6 mois pour le terminer...)
- J'aurai gagné la réussite du Scorpion (ça c'est fait, aujourd'hui !)
- J'aurai complètement oublié que je suis sensée accoucher un jour (pas facile, ça...)
- Jamais (et c'est une possibilité que je commence à prendre au sérieux...)

mardi 6 septembre 2011

J'avais reçu un gaufrier...

Mon gaufrier (et appareil à crocs, s'il vous plait !), le seigneur de ma cuisine, LA pièce sans laquelle je ne suis rien, a rendu l'âme. une pièce en plastique a fondu, il s'est fragilisé et s'est brisé en deux, d'un coup. Et même que j'ai failli pleurer.

Ce gaufrier, d'abord, me permettait de faire des gaufres à la cannelle. Comme mon grand-père.

Ce gaufrier, ensuite, c'était le souvenir de cet anniversaire où les parents de mon amoureux d'alors m'avaient offert exactement ce que j'avais demandé. C'était la première fois que ça m'arrivait. J'avais reçu une robe de la maman de Gilles, celle que j'avais demandée, et ce gaufrier, de son papa. Je me revois encore, applaudir des deux mains en ouvrant l'emballage, au restaurent, excitée comme une puce et tellement heureuse. Je me souviens de notre place et je me souviens de ce que nous mangions. C'était il y a 5 ans. Je me souviens aussi de Gilles disant à son père "c'est gai de lui offrir des cadeaux, hein !"

Mais voilà, maintenant il est cassé. Pourtant, j'en ai pris soin. Pourtant, c'était une bonne marque. Mais il est cassé. Et je suis triste. Triste de ne plus pouvoir faire de gaufres à la cannelle. Triste de savoir que je ne penserai plus systématiquement au papa de Gilles en les faisant. Et voilà, je pleure encore.

Je suis un peu émotive, en ce moment...

lundi 5 septembre 2011

Bon, bon, bon...

Voilà voilà, ce qui devait arriver arriva : notre "to do list" est vide. L'impératif, l'essentiel et le superflu... Tout a été fait.

Y a plus qu'à "prendre son bien en patience". Mouais.

Bref, je tourne en rond...

Tiens, si je passais l'aspirateur ? Pour la troisième fois de la journée ? Dans le salon ET la cuisine ?

Une bien belle journée pour accoucher - 2

Aujourd'hui est une journée idéale pour accoucher. Pourquoi ?

- Il fait moche. La salle d'accouchement sera donc de facto dans la pénombre. Pas besoin d 'attendre la nuit pour avoir un peu d'intimité.
- On est lundi. Ce serait une belle façon de commencer la semaine.
- Noé est à l'école. Avec un peu de chance l'accouchement se ferait dans la journée, sans problème de garde.
- Noé me tanne pour que Anina vienne le chercher à l'école. Ce serait l'occasion.
- On est supra-prêts... J'ai peur de ne plus rien avoir à nettoyer/ranger/trier aujourd'hui.
- C'est le dernier jour de garde de ma sage-femme.
- Un heureux événement pourrait compenser un chouïa la sensation désagréable d'être carrément dans la M****.

Et puis...
- J'ai très envie de rencontrer ce bébé, entendre sa voix, son cri, ressentir son premier regard plonger dans le mien, mettre mon nez dans son cou et sentir l'odeur de sa peau douce, sentir mon lait couler dans sa bouche, le voir entrer dans notre univers, le présenter à son papa et son grand-frère, caresser son petit corps fragile, le voir enfin dans tous les petits vêtements que j'ai lavé, plié et rangé pour lui depuis des jours et des jours, ... Ça y est, j'ai beaucoup moins peur de cette rencontre que je n'ai envie qu'elle arrive.

samedi 3 septembre 2011

Check - 3

- Laver toutes les vitres de l'appartement, y compris celle de la chambre de Noé
- Ranger, aspirer, laver à l'eau la chambre "des enfants"
- Lessiver tous les vêtements "bébé" et les ranger dans l'armoire
- Nettoyer et lessiver le cosy
- Nettoyer les portes (ça ne sert à rien mais on se sent mieux après... C'est bizarre...)
- Huiler la rambarde
- Faire la valise pour la maternité

On est prêt ...
Peut être un peu trop ...

Une bien belle journée pour accoucher - 1

J'entame aujourd'hui une nouvelle rubrique : "Une bien belle journée pour accoucher" ! Pourquoi ? Parce que depuis quelques temps, mon homme et moi passons notre temps à se dire mutuellement "Waouw, c'est une journée parfaite pour accoucher, ça !"

Alors, aujourd'hui :
- Noé est chez son pote Arthur (oui, ok, comme à peu près un jour sur deux depuis des mois...) et on a donc pas à se préoccuper de savoir qui peut le garder.
- Demain est un dimanche. Il peut donc rester dormir là-bas sans soucis. Tom et Elisa sont en WE et Noé n'a pas école.
- Il fait beau et chaud de façon complètement indécente !
- Elisa aimerait beaucoup que j'accouche aujourd'hui. A 18h20. Allez savoir pourquoi...
- Le ménage est plus ou moins fait, les lessives aussi, tout est en ordre.
- Ma sage-femme est de garde
- Je me sens un peu lourde aujourd'hui... Je serais contente d'avoir mon bébé sur mon ventre plutôt que dans mon ventre.

Relativement ?

Hier, j'avais RDV avec la sage-femme, MA sage-femme. On a reparlé de ce fameux soir où nous avons tous les 3 cru que c'était LE soir. Elle m'a demandé ce qui pourrait m'empêcher d'accoucher. J'ai dit "rien". J'ai même dit "Je me sens relativement prête". Alors elle m'a dit qu'on pouvait peut être s'intéresser à ce "relativement" et j'ai dit que "non, non... Je suis toujours relativement quelque chose" avec un sourire sincère. Puis j'ai parlé de la rentrée de Noé. Peut être que j'attendais ça, de pouvoir vivre ça avec lui, peut être que maintenant ça va se débloquer. Elle tempère un peu en me disant que toutefois je ne suis pas encore vraiment à terme, que oui tout se met en place, oui tout à l'air parti comme si je pouvais accoucher d'un instant à l'autre, mais qu'il faut du temps et tout et tout... Je lui dis "oui, il lui faut peut être un peu plus de temps, à ce bébé". Et elle me répond "ou bien il t'en faut à toi, du temps..." Bof, non, ça va, moi je me sens prête, vraiment... On parle un peu de mon angoisse de dépasser le terme... De la difficulté que j'avais eu à vivre ça pour Noé.

En partant elle me dit "prends ton bien en patience". Je trouve que ça sonne vraiment bien avec ce que je vis.

Puis, ce matin, à peine sortie du sommeil, j'ai repensé à tout ça et et certaines choses me sont apparues clairement, presque comme des évidences...

Ce bébé, tant qu'il est dans mon ventre, ne me demande rien d'autre que de continuer ma vie. Ce bébé, tant qu'il est dans mon ventre, c'est un peu moi et je suis un peu lui... Je n'ai pas vraiment à me préoccuper de ce qu'il veut. Il n'y a pas d'inquiétude, pas d'angoisse, pas de pleurs, pas de place à lui faire dans notre vie autre que celle qu'il a déjà prise un peu. Ce bébé ne sera jamais aussi facile à intégrer dans notre famille qu'en ce moment.

Et puis... Il y a toutes ces attentions autour de moi. Tous ces gens gentils et bienveillants qui m'entourent et qui me rassurent. Tout ce bonheur d'être bien accompagnée qui tourne autour de mon ventre rond et de ce qu'il y a dedans.

J'ai peur de manquer d'amour. J'ai peur de manquer de force. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de la situation. J'ai peur de tomber de haut. J'ai peur de quitter la zone de confort pour la zone d'inconfort. J'ai peur d'avoir bien plus peur de l'impact de la naissance de ce bébé dans notre vie, que d'avoir envie de le rencontrer pour de vrai.

On est bien, là, tous les deux avec tout l'amour partout autour...

Voilà ce qu'il y avait dans ce "relativement".

jeudi 1 septembre 2011

Répétition générale - 2

Mardi 30 août. 17h30. Je rentre à peine d'une belle après-midi entre copines qui ne s'étaient pas vu depuis trop longtemps. Je suis fatiguée. Très. Mais heureuse. La veille, entre amies, on a fêté la fin de ma grossesse à coup de bons petits plats au congélo, de frites, de mayo, de gâteau au chocolat indécent et de cup cakes tout aussi indécents. De la débauche culinaire comme on en fait plus.
Je suis bien.
Des contractions et la fatigue m'assaillent. J'essaye de me poser, d'accueillir cet instant tranquillement. Vincent se pose dans mon dos pour l'accueillir avec moi. Noé nous rejoint. Il bouillonne un peu mais on le sent nécessiteux, à cet instant précis, de tout l'amour que l'on peut lui donner. Il se pelotonne près de nous. Des vagues régulières me prennent toutes les 10 minutes. J'inspire, j'expire, calmement. Faut-il appeler ou ne pas appeler les sages-femmes ?
Vincent et Noé me laissent un peu seule. J'en profite pour somnoler. Au réveil, 20 minutes plus tard, je perds le compte des vagues. Je ne sais plus si elles sont régulières ou pas, si ça s'appelle des contractions ou pas. Je prends une douche chaude. Très chaude. Les contractions continuent. Après 2h30 à ce tarif-là j'appelle la sage-femme. Je lui explique que je suis perdue, que je ne sais plus ce que je ressens ni quand. Ma voix l'inquiète. Il paraît que j'ai l'air sur le point d'accoucher. Je me sens simplement extrêmement fatiguée. La veille je n'ai pas dormi. L'avant veille je n'ai dormi que 7 heures. Et la nuit qui précède ne m'avait laissé que 4 heures de sommeil. Elle me propose de venir me voir à la maison puis me rappelle 5 minutes plus tard pour me donner RDV à la maternité. Ca me va.
On embarque Noé. Il est excité comme une puce. Il saute et court dans tous les sens. Il se montre ravi d'aller chez Elisa et à la fois cette excitation ne me permet pas de douter qu'il sait ce qui se passe. Je lui explique. Peut être que le bébé arrive, peut être pas. On verra demain.
Elisa et Thomas nous attendent sur la rue, presqu'aussi excités que Noé. Pas le temps d'embrasser mon grand garçon que la voiture démarre déjà. Mon grand garçon... Mon petit coeur... Laissé comme ça sur la route... Je l'appelle, il hurle au téléphone. L'excitation a laissé la place à la colère. Je comprends et je sais qu'il est entre de bonnes mains. Je sais qu'il sera choyé. Mais quand même, me manque le goût de sa peau sur mes lèvres, son odeur, un dernier regard.
20 minutes plus tard nous arrivons à la maternité. La sage-femme est déjà là qui nous attend. Je lui réexplique l'après-midi, mes sensations, ma fatigue. Je ne sais plus du tout s'il était judicieux de venir ou pas. Les vagues me semblent beaucoup plus légères, presque insignifiantes, éparses, sans intensité. Elle m'installe pour un monito dans la salle d'accouchement "nature". Celle-ci me semble plus petite, plus accueillante que lors de notre visite. La lumière est tamisée, l'ambiance générale est au calme. Les sages-femmes que nous croisons chuchotent. Je veux dormir, je suis tellement fatiguée. Je suis soulagée de lire sur le graphique que mes sensations n'étaient pas complètement déconnectées de la réalité. Il y a effectivement des vagues, toutes les 3 minutes, petites, puis des vagues toutes les 7 minutes, plus intenses. Je me sens moins ridicule. Le travail a commencé. Après 30 minutes, elle me demande l'autorisation de vérifier mon col. Il est à 3 cm. On se souviendra avec Vincent que pour que mon col se dilate à 3 cm, pour Noé, il avait fallu 10 heures de travail douloureux. Cependant, elle pense que le travail a plus de chance d'avancer si je suis tranquille chez moi, si je trouve l'occasion de me reposer un peu. La sage-femme nous dit "à tout à l'heure. Ou a demain". On rentre donc à la maison. Sur le chemin, je sens de nouveau des vagues se faire sentir. Fréquentes. Intenses. J'ai la sensation qu'on sera de retour à la maternité d'ici quelques heures. On mange un bout. On se met au lit. On se relaxe un peu. Et puis le calme. Et puis le sommeil. Et puis le matin. J'ai passé la meilleure nuit depuis longtemps. Sans réveil. Sans douleur dans le dos. Reposante. Douce. Mais pas de contraction. Le réveil, à 7h00, est teinté d'amour et de déception. Ça aurait été une belle nuit pour accoucher. La matinée se passe sans plus trop de vague. Le souvenir de la nuit s'étiole avec l'avancée du jour.

Il me semble que c'était comme un rêve. Le "à tout à l'heure" de la sage-femme s'éloigne de plus en plus et avec lui l'excitation du moment. Les jours passent, mon corps se met en place, tout va bien. Il faut du temps pour se préparer aux belles choses.

Mon "grand bébé"...

Le réveil a sonné plus tôt que d'habitude. L'appartement était étrangement vide en ce jour de rentrée scolaire. Notre enfant, notre petit garçon avait décidé de dormir chez son copain Arthur. Nous voilà enfilant veste et courage pour aller le récupérer à Auderghem avant de le conduire à l'école, pour la première fois. L'école... La vraie. Enfin. Déjà.
Il nous dit qu'il ne veut pas y aller. Il s'inquiète de savoir si on viendra le rechercher.
On arrive les premiers. On lui fait visiter sa classe. Il reconnait un peu les lieux pour l'avoir déjà visitée il y a de ça quelques mois... Il s'accroche à nous, la tête baissée, inquiet. Il nous demande encore si on viendra le rechercher. "Oui mon chéri, oui mon tout petit, bien sûr ! On ne pourrait pas se passer de toi !"
Son institutrice arrive. Elle se présente à lui. Elle a l'air bien. Il ne veut pas trop la regarder. Elle sort des petites voitures... D'autres enfants arrivent, plus grands. Ses yeux commencent à briller en voyant les jeux, les possibilités.
On l'embrasse fort. On lui ré-explique qu'on viendra le chercher après la sieste. Il esquisse un petit sourire, timide, mais bien là.
Je reconnais mon "grand bébé"... Il vit les choses à son rythme. Il observe. Il apprivoise. Il prend son temps pour être dans le présent. Il ne force rien et j'aime ça.
J'ai hâte d'être "tout à l'heure". J'ai hâte de le retrouver. Ces derniers temps, chaque minute qui me sépare de lui se fait sentir en moi comme des heures. J'ai besoin de lui tout près de moi... J'ai besoin de "mon grand bébé" pour accueillir le "petit bébé".

mercredi 31 août 2011

Drôle de journée

Je suis là, entre deux eaux... J'attends, j'observe, j'organise, je fais des courses, je marche, je téléphone, je reste aussi un peu en dehors du monde. Je ne sais plus que penser. Je suis entre la déception et l'espoir, entre l'envie et la crainte, entre le monde d'avant et le monde d'après. Il me manque un baiser sur la joue de mon fils. Il me manque une caresse dans ses cheveux. Mon ventre est rond et insondable. Les heures s'écoulent comme si de rien et pourtant... Quelque chose se passe, semble-t-il, qui changera nos vies.

mardi 30 août 2011

Je pointe.

Je vois, je lis, j'entends deci delà quelques uns d'entre vous s'inquiéter de mon "absence". Non, non, non, je n'ai pas accouché. Je suis encore là, et bien là, mais bien trop occupée à ranger, nettoyer, lessiver, aménager et passer du bon temps avec Vincent, Noé, mes amis avant le grand chamboulement.

Mais, quoi qu'il arrive, ce n'est plus qu'une question de jours (ou de semaines).

dimanche 28 août 2011

Répétition générale

Il est minuit on éteint la lumière. La soirée a été intense en émotions, il est temps de dormir, d'aller vers demain...
Contraction. Puis encore contraction. Puis encore. Puis encore et encore... Et vraiment pas très confortables. Pas régulières, mais pas complètement irrégulières non plus. Toutes les 4 à 7 minutes. Je suis vraiment pas bien, je ne sais pas comment me mettre. Quelques autres signes physiques et biologiques que je tairai pour cause de décence me font penser que c'est peut être le bon soir. Et puis je me dirige vers la douche pour calmer un peu les contractions et en fait... je me rends compte que je n'en ai plus, que je me sens parfaitement bien. Entre temps, Vincent s'est réveillé et m'appelle. Je monte près de lui, lui explique et on se rendort tous les deux. Il est 1h30.

A 5h50, après avoir rêvé qu'un vieil arabe me demandait, dans le rayon fruits et légumes du Colruyt, à quoi ressemblaient des contractions, je me fais à nouveau réveiller par des contractions, toutes les 5 à 7 minutes. Beaucoup moins intenses qu'en début de nuit, mais suffisamment pour m'empêcher de dormir. Vers 6h Vincent se réveille à nouveau. Je vais prendre une douche, pour voir si ça passe (ça passe) et quand je reviens, vers 6h30, Vincent est en train de préparer la valise de la maternité. On décide quand même de dormir encore un peu, d'autant qu'on a promis à Noé qu'on irait à la piscine ce matin. D'ailleurs je dis à Vincent "ça m'ennuierait qu'on accouche aujourd'hui, j'ai promis à Noé d'aller à la piscine !". Ce qui fait rire Vincent... Et paf, Noé se réveille à 7h... Ce qui est assez inhabituel pour lui... il a du sentir l'agitation.

Nous voilà donc un peu épuisé, à 8h30, sur le point d'aller à la piscine avec Noé.

Ce faux travail aura eu le mérite de nous faire prendre conscience qu'on devait sérieusement penser à se mettre un peu en ordre, pour être prêt... Juste au cas où. Comme si mon corps disait à mon esprit "bon, je commence à être prêt, moi... je t'attends"

Du coup, Vincent a fini la valise pour la salle d'accouchement et pour le séjour à la maternité. La question existentielle du moment est donc : mais quel sera le premier vêtement de cet enfant ?? Est-ce que si c'est une fille, ce beau pyjama vert ne fera pas trop "garçon" ??

vendredi 26 août 2011

Check - 2

- poser des étagères dans la cuisine et le salon pour dégager un peu d'espace
- amener aux Petits Rien tout ce qui n'a plus son utilité chez nous (ils ne prennent pas les femmes enceintes, c'est dommage)
- passer à la bulle à verres
- trier tout le linge de maison ainsi que les chiffons et ne garder que l'essentiel (sachant que Vincent et moi n'avons pas la même notion de l'essentiel, c'était pas gagné d'avance...)
- trouver une place pour chacun des jouets de Noé dans tous ses rangements (maintenant qu'il a compris où tout se trouvait, y a plus qu'il comprenne que c'est chouette de tout remettre en place...)
- acheter et remplir l'album photos de la troisième année de Noé (yeaaaaaaah !!)
- terminer le matériel Montessori des chiffres (re yeaaaaaaah ! Même si c'est moche et certainement pas très orthodoxe ^^ )

Le problème des "to do list" c'est qu'elles s'allongent en même temps qu'on s'active pour les raccourcir...

jeudi 25 août 2011

Merci

Merci pour vos petits mots, votre soutien discret et néanmoins sensible ici et ailleurs.

Vincent s'est occupé de moi. Puis, il a poncé, peint et posé 6 étagères et déjà je me sens bien plus légère. Comme quoi, le moral ne tient pas à grand chose !

Petite liste des avantages liés à un accouchement "tardif" :
- un bébé en pleine forme qui a pris tout ce dont il avait besoin
- le temps de tout préparer dans les moindres détails pour un accueil parfait du petit être
- la possibilité de profiter encore un peu de la vie à trois et d'accompagner Noé dans ses premières semaines à l'école

Je ne suis pas encore complètement convaincue mais j'y travaille...

mercredi 24 août 2011

Mon corps, cet ennemi.

Cet après-midi, en faisant ma relaxation quotidienne, j'ai eu quelques contractions. J'étais bien, j'imaginais que c'était peut être LE moment. Elles étaient régulières, relativement présentes. Je me disais que rien n'était prêt mais je m'en foutais, c'était un jour parfait pour accoucher. Deux heures plus tard, j'avais RDV avec ma sage-femme, j'aurais l'occasion de lui dire, on irait déposer Noé chez ses babysitters en ayant la possibilité de tout bien lui expliquer, et nous irions à la maternité. Le scénario était idéal. Vincent ne croyait pas vraiment que mes contractions pouvaient prédire un accouchement proche et intérieurement je souriais de ma victoire, deux heures plus tard, lorsque la sage-femme nous dirait après auscultation que "c'est bon, RDV à la maternité !"

Et puis finalement...

On est arrivé chez la sage-femme et je n'ai même pas eu le cœur de lui dire que j'avais eu pas mal de contractions tellement j'étais triste et déçue et en colère. Pas parce que je n'avais plus de contraction, non. J'étais triste et déçue et en colère parce que le résultat du frottis n'était pas bon. Évidemment, le strepto c'est pas grave. Non, vraiment pas grave. Faire attention au sucre, une carence en fer, une carence en vitamine D... Depuis le début de ma grossesse chaque RDV avec les sage-femmes est l'occasion de parler d'un "tout petit problème à régler". Vraiment pas grave, non... Juste un de plus. Encore un. Toujours un. Comme si les choses ne pouvaient pas se passer simplement. Comme si mon corps était vraiment nul et borné. Alors moi, comme un bon petit soldat, je dépense des sous et de l'énergie (et à vrai dire je n'ai pas beaucoup ni de l'un ni de l'autre) en compléments alimentaires, en médicaments et en solutions diverses et variées pour parer à l'incapacité chronique de mon corps à fonctionner comme il devrait. Matin, midi et soir. Et ça me gave. Au propre comme au figuré. Haha.

Puis, on a parlé de la procédure à suivre en cas de dépassement de terme. Et voilà, ça m'a achevée. Depuis le début de ma grossesse je fais la maligne en disant à qui veut bien l'entendre que je ne crains plus une grossesse à rallonge puisque je l'ai déjà vécu et que je sais à quoi m'attendre. Et puis j'avais comme l'impression que cette grossesse était plus sereine, que ce serait moins dur d'aller jusqu'à deux semaines au delà du terme s'il le fallait (mes SF ne déclenchent qu'à ce moment-là). Quand ma sage-femme me parlait des RDV à prendre pour les monito (tous les deux jours, puis tous les jours), l'écho de contrôle du liquide amniotique et de ce qu'on ferait en cas de déclenchement, tous les mauvais souvenirs me sont revenus et avec eux la certitude que je ne vivrais pas ça comme une fête, même prévenue, même si c'est la seconde fois. Surtout, si c'est la seconde fois.

Je me suis rappelée de tous ces caps que l'on franchit en se disant "j'aurais peut être mon bébé à ce moment-là" sans que la prédiction ne se vérifie jamais. Je me rappelle de la déception de se lever chaque jour avec toujours se ventre énorme et handicapant et sans bébé. Je me souviens de cette sensation d'être inapte à accoucher. Je me souviens de toutes les crises de larmes en pensant sincèrement qu'on accouchera jamais. Je me souviens de toutes ces blagues et allusions, de tous les coups de fil "et alors ??? pas encore accouché ???" et de tous les "la prochaine fois qu'on se voit, ce sera peut être à la maternité" qui se répétaient inlassablement parce que le temps défilait et que je n'accouchais pas.

Non, ce n'était pas chouette.

Alors voilà, c'est con, c'est puéril, mais j'ai juste envie de dire à mon corps que c'est un gros con, incapable de fixer le fer, la vitamine D, qui choppe le strepto à 3 semaines (ou 4 ???) d'accoucher alors qu'il ne l'a pas choppé jusqu'alors et qui va encore jouer les paresseux de l'accouchement  en jouant les prolongations.

Ce soir, j'ai comme une grosse envie de pleurer au fond de mon lit.

Oui, aujourd'hui aurait vraiment été une journée idéale pour accoucher parce que toutes les prochaines me rapprochent d'une chose que je ne veux pas vivre. L'attente déçue.


samedi 20 août 2011

Check !

- régler tous les détails administratifs (CPAS - déclaration anticipée - récolte de papiers "très importants" à la maison communale - etc.)
- acheter des boîtes de rangements diverses et variées pour les jouets de Noé et le linge de chambre
- monter le lit de Numérobis
- imprimer 250 photos pour être à jour dans les photos de Noé (en attendant la salve de Numérobis)
- acheter le livre de Faber et Mazlich

Les choses avancent petit à petit... tranquillement... sans se presser...
Mais elles avancent !

vendredi 19 août 2011

Supermarché de la préparation à l'accouchement.

Dans le supermarché de la préparation à l'accouchement, je suis comme une enfant dans un magasin de bonbons. J'aimerais tout essayer, tout goûter, tout tester. Mais, comme quand j'étais petites, je n'ai dans ma poche que quelques centimes à dépenser... Alors tant pis pour le yoga, la chant prénatal et autre préparation en piscine.
Le suivi global à la naissance avec des sages-femmes présentes et enveloppantes, de l'haptonomie, un soupçon d'ostéopathie et de l'hypnonaissance à profusion ont rempli mon caddy. Je suis contente de mes choix... un peu plus inscrit dans le ressenti, dans l'émotion, dans l'introspection que ma préparation ne m'avait permis de le faire pour la grossesse de Noé.
Je n'imaginais plus laisser quiconque décider de la bonne marche de ma grossesse puis de mon accouchement par un simple coup d'oeil à mon entre-jambe. Je souhaitais, du plus profond de mon ventre, me faire confiance, faire confiance en mon bébé, et j'avais besoin pour ça de me sentir soutenue sur ce chemin tout en continuant, comme si de rien, ma petite vie paisible.

Se préparer un peu chaque jour à l'arrivée de ce bébé, c'est s'acheminer sereinement vers une grande rencontre.