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lundi 17 juin 2013

Le goût délicieux de nos 15 ans retrouvés

Une ballade nocturne d'environ trois heures, quelques bons gros fous-rires, des m&m's et tout notre avenir en prédiction, des discussions politiques, des discussions de filles, une touche de sexe, un debriefing, le temps qui passe sans prévenir, la fatigue dans les jambes, la voix rauque d'avoir trop parlé, l'arrachement au moment de se dire au revoir...

Que c'est bon.

Cette soirée on aurait pu l'avoir déjà passée il y a 15 ans. Peut être même qu'on l'a fait. Sans les sushi, c'est vrai. Heureusement, en 15 ans on a gagné de quoi s'offrir un resto. Il était forcément trop tard. Aujourd'hui, j'ai le corps en vrac. Mais que c'est bon ! Que c'est bon de savoir rire comme avant, pliée en deux au milieu du trottoir, dans une rue vide, et nos deux rires qui ricochent sur les murs des maisons silencieuses. Que c'est bon ces discussions qui n'ont pas d'autres buts que de se rassurer l'une l'autre sur le bien-fondé de nos croyances. Que c'est bon d'entendre dans ta bouche ce que j'ai du mal à formuler et de pouvoir répondre inlassablement "c'est tout à fait ça !" Que c'est bon de se retrouver sans jamais avoir l'impression de devoir forcer quoi que ce soi. Que c'est bon d'être ensemble. Cinq ans ont passé. Ou peut être cinq jours. Je m'en fous. Aujourd'hui, que c'est bon !

jeudi 13 juin 2013

Là où tout commence

J'ai commencé par l'aimer. Je l'ai aimé follement, en dépit de tout. Je l'ai aimé passionnément. J'étais en adoration. Amoureuse au possible de cet homme que je rêvais idéal.
Mais l'histoire ne l'était pas : idéale. L'histoire était forte, intense, puissante, décousue... maladive. Mais tellement nécessaire.
Il m'a aidée à devenir moi. Presque adulte. Il m'a aidée à m'aimer. Parce qu'il m'a aimée, invraisemblablement. Parce qu'il a posé sur moi un regard inédit. Un regard d'amour, d'acceptation, de confrontation, de confiance, avec juste ce qu'il faut de complaisance. Un regard en clair obscur, doux comme une caresse.
Puis l'histoire est devenue belle, pas tout de suite mais sûrement, plus maladive du tout, simple et intense, toujours. Une amitié, juste, vraie. On a continué à s'aimer sans plus se donner aucune raison de se faire du mal. On a gardé le meilleur. Il est devenu, de façon absolue, l'Ami.
Il a aimé une autre femme. Quel plaisir. Quel bonheur de le voir heureux. Le premier regard que j'ai surpris entre eux m'a interpellé... ce regard-là, celui qui m'avait fait tant de bien, il ne m'appartenait plus... et il était plus fort encore, pour elle. Tant mieux. Son avenir était là et j'étais heureuse pour lui. Pour elle. Je les ai aimé à deux, très vite.
Dans un magasin, on fasait les courses pour la soirée. Il m'annonce que d'ici 6 ou 7 mois, un bébé devrait pointer le bout de son nez. J'ai explosé de joie. J'étais extatique. Heureuse au possible. Persuadée que mon ami serait un père idéal, soulagée que ça lui arrive, ce bonheur-là.
Quelques mois plus tard, ils s'y sont mis à deux pour me demander si j'acceptais d'être la marraine de cette enfant à naître. Cette enfant que j'aimais déjà. Oui. Oui. Evidemment que je voulais. J'étais fière comme un paon. Fière. Fière. Ça voulait dire pour moi que toute cette histoire, toute notre amitié, c'était pas de la blague. Que s'il était mon ami, j'étais moi aussi son amie. Encore une fois, mon Ami m'offrait sa confiance, sans faux-semblant. Du bonheur pur. Du bonheur pur d'autant plus que cette décision était prise à deux, avec celle qui aurait pu ne pas vouloir s'encombrer d'une "ex". Et ça aussi, c'était important pour moi... Sentir que ma place dans leur vie n'était pas usurpée. Sentir qu'on avait réussi à construire autre chose qu'une amitié exclusive.

Bientôt, elle va naître. Dans une heure, un jour peut être.
Ma filleule. Tout comme je n'ai avec personne d'autre qu'avec son père ce lien si spécial, je n'ai avec aucun autre enfant ce lien si spécial. Je l'aurais aimée sans ce lien. Bien sûr. Mais je n'aurais pas eu cette impression si douce de sentir que pour son père et pour sa mère, ce lien avait son importance.

Merci à eux.

Merci à toi, petite fille. Bientôt nous allons faire connaissance. Je trépigne d'impatience !

jeudi 2 mai 2013

Technologie mon amour

Il y a quelques jours je parlais avec une amie du temps qui passe, de la technologie qui évolue et de nous qui devenons déjà de vieilles connes dépassées. Et pourtant, force est de constater que la technologie d'aujourd'hui nous permet de vivre des situations totalement absurdes et inenvisageables il y a 15 ans à peine.

Elisa : je vais aller faire une course pendant que Arthur dort. S'il arrive quelque chose je m'en voudrai toute ma vie !
(n'appelez pas tout de suite les services sociaux, le magasin est à 3 minutes...)
Moi : t'as qu'à le brancher sur skype et je surveille. Comme ça s'il se réveille je peux lui dire que tu reviens tout de suite.

Sitôt dit, sitôt fait !(c'est un peu la devise de Elisa, ça...)

Une fois dans la rue, elle m'appelle "tu le vois, ça marche ?? C'est bizaaaaaaarre !"
Moi : chut, je peux pas te parler, je risque de le réveiller !

J'ai eu quelques dialogues surréalistes dans ma vie, on peut désormais rajouter celui-là !

Je me demande ce qui, quand nos enfants seront adultes, nous paraîtra encore plus bizarre que ça...

mardi 23 avril 2013

Simple comme un sms

Ça faisait 5 ans. Ça faisait 5 longues, belles années. Ça faisait tout ce temps qu'on ne s'étaient pas vues et depuis tout ce temps l'idée qu'il fallait que ça se passe comme ça. Je mentirais si je disais l'avoir regretté. Je mentirais si je jouais la comédie du temps qui passe sans qu'on s'en rende compte. A aucun moment je n'ai perdu le compte du temps qui passe. Ça s'est simplement passé comme ça. J'ai croisé ta silhouette à l'un ou l'autre coin de rue sans arrêter la voiture, j'ai senti ton souvenir dans quelques coins de la ville, entendu parlé de ta vie sans moi à gauche et à droite. Je ne me suis pas vraiment posé de question sur le pourquoi de tout ce temps entre nous. Je ne me suis pas posé plus de questions au moment de t'envoyer ce sms sous forme de "salut, ça va ? On se voit quand ?" Peut être que quand on s'est aimé si fort, on peut se perdre 5 ans sans jamais se perdre. En lisant ta réponse, rapide comme l'éclair, j'ai pas pleuré. J'ai souri. J'ai tellement souri qu'après quelques minutes j'avais mal aux zygomatiques et le métro tout entier semblait sourire avec moi.

Ma blondie, vivement vendredi. On aura peut être rien à se dire, mais ça me fera plaisir quand même.

lundi 22 avril 2013

Joie, bonheur et amour, encore encore encore

C'est un WE comme on les aime. Un WE fatiguant, secouant, vivifiant, attendrissant et émouvant. C'est un WE sans fausse note. Aucune. Zéro. Nada. Un WE de folies douces cumulées les unes aux autres, sans dérapage. Si ce n'est une frange trop épaisse et une coupe à la Sue Ellen, mais passons.

Vendredi soir, l'Auguste et la Célestine sont venus à la maison. J'ai embarqué les deux grands pendant que les deux petits s'endormaient sous la bénédiction de Vincent. On est allé, en nocturne, aider les crapauds à migrer avec la famille tomelisarthur. Excitation et fierté pour les deux minots, ravis d'être les grands de l'histoire. Excitation et blagues potaches pour Elisa et moi, ravies de "faire un truc chouette". 4 crapauds nous ont fait l'honneur de passer sous nos regards. Et même que Célestine la téméraire n'a pas hésité à en prendre un dans les mains pour le mettre de l'autre côté de la grille.
"Noé, maintenant que tu sais à quoi ça ressemble un crapaud, tu es content que papa t'appelle Crapaud ?
- (petit temps de réflexion puis sourire jusqu'aux oreilles) oh oui !!"

Samedi, après un petit déj' éclair avec les Soleil, rendez-vous chez les Finlandais pour une brunch tardif, une promenade et quelques jeux de ballon au parc. Capucine fait sa vie à 10 mètres de nous, Noé s'achète quelque chose pour la première fois avec ses sous à lui et Anina est tellement enceinte que j'en perds mes mots.
Retour à la maison et branle-bas de combat pour arriver à l'heure aux trente ans de Juliette. Je dépose les enfants chez isabeluan. Je m'attends à une scène d'au revoir déchirante mais Capucine me fait signe et me claque la porte au nez, avec le sourire. Direction "Juliette's party". On a dansé, on a chanté, on a ri, on a mangé, on a raconté, on a papillonné et on a fabriqué des souvenirs. Mon homme était le plus beau, comme toujours, même si pour le coup, j'ai trouvé que tout le monde était beau. Et je ne sais pas ce qui entre ça et le vin était le plus enivrant.

Anne : c'était bien la soirée de tes parents ? Ils se sont bien amusés ?
Noé : ben, y avait que des adultes, alors je pense bien !

Le lendemain matin, le réveil est tardif. 10h, on ouvre un oeil pour mieux le refermer. 11h... pas tellement le courage de se lever mais les enfants nous attendent, il faut y aller. Un mal de tête cloue Vincent au lit, j'affronte seule le dehors.
Capucine se tape le luxe de ne pas encore être réveillée et attendra, à midi passé, que je vienne la tirer du lit. 16 heures de sommeil, fallait que ça arrive quand elle ne dort pas à la maison... Noé et Luan s'amusent à laver les vitres, Capucine fait sa vie (c'est devenu un gimmick) et nous on papote autour d'une tasse de thé, puis d'un bon repas, puis d'un café et de quelques oeufs au chocolat. Quoi de mieux pour se remettre d'une grosse soirée ? Sans compter la fierté que c'est de s'entendre dire que "je vous les reprends tous les deux quand vous voulez ! C'est super gai de les avoir à la maison".

De retour à la maison, en milieu d'après-midi, Vincent se lève à peine. Il prend la relève, je prend une douche, je fais une sieste et c'est reparti. Direction "The fabulous tatAnne's house" pour les enfants et pour nous, Mons, avec un crochet sur Uccle pour y chopper mon frère. On va fêter les 60 ans de ma tante, en costume 18ème, s'il vous plaît, avec un petit tour de Mons en calèche, menée de main de maître par mon oncle. Je me sens belle, je salue les passants d'un geste discret et courtois. Il y a une Mathilde qui sommeille en moi. Au restaurant, le verroterie fait briller nos sourires et nos costumes. Entre l'entrée et le plat principal, on reçoit un sms "vos enfants sont magnifiques !!!" qui nous réchauffe encore un peu plus le coeur.

Le WE se termine et je garde en moi tous les sourires, tous les mots gentils, toutes les attentions, tous les regards bienveillants et aimants. Je me répète mais, vraiment, j'ai de la chance de pouvoir passer des WE aussi parfaits que ça. Je suis bonheur. Je suis joie. Je suis kitche et j'assume !

jeudi 18 avril 2013

La chaleur et le bonheur

On dit que c'est le soleil qui nous manque. On dit qu'on a besoin de lumière et de ciel bleu. On dit "vivement l'été" et "y en a marre de cet hiver". Les premiers jours de printemps s'annoncent enfin et, même si ça toussote encore un peu pour nous rappeler qu'avant l'été il y a le printemps, force est de constater qu'on se sent tous beaucoup mieux. Mais plus que le soleil, c'est la chaleur qui me fait du bien. La chaleur sur ma peau, le vent sur mes mollets, le besoin d'enlever un pull, le bonheur de sortir sans écharpe. La chaleur, aussi, dans un sauna, les muscles chauds d'avoir bien nagé, et la chaleur des sourires échangés, aussi. Un rire chaud. Des mots chauds. Du baume sur le cœur. Le bonheur de me dire que j'ai des amis formidables. Revoir mon homme avec mes yeux de femme amoureuse et sentir la chaleur dans mon ventre. Observer mes enfants jouer sous la chaleur de notre amour. Manger une tarte tomate/moutarde bien chaude dans le joli jardin de Anne et lui dire "mais bien sûr que tu pourras venir nous voir quand tu veux". Penser avec chaleur à ma filleule qui va naître bientôt et décompter les jours avant de pouvoir voir sa frimousse de bébé fragile. Me sentir entourée et aimée. Me sentir entourante et aimante. Me sentir exactement là où j'ai envie d'être, avec les gens avec qui j'ai envie d'être. Parfaitement à ma place, entre ici et là-bas, en transit et heureuse de l'être. La chaleur et le bonheur.

jeudi 21 février 2013

Et kwé Charles, Carnaval !?!

Si tout s'était passé comme prévu, la semaine de Carnaval, Vincent et moi serions partis en amoureux dévaler les pentes neigeuses des Alpes (accompagnés d'une fanfare, d'accord, mais en amoureux quand même). Nos enfants seraient allés passer une semaine fabuleuse avec leurs (presque)parrains préférés et tout aurait été pour le mieux.

Tout ne s'est pas passé comme prévu. (ça devient une habitude, ça)

La moitié du couple "parrainal" (j'invente des mots, oui oui) a trouvé un travail qui ne se refuse pas. Le genre de travail qu'on dit "youhou ! Génial ! Trodlaballe !!". Et encore plus quand on est enceinte et qu'on espérait à peine que ce soit possible. 
Pour plein de raisons et pas que des mauvaises, on a pas trouvé l'énergie de chercher une alternative. L'alternative, c'était donc moi... Sacrifiée pour la cause de ses enfants et de son homme, si ça ça s'appelle pas de l'amour, appelez ça comme vous voudrez (flemme, connerie, etc.).

Toujours est-il qu'on se retrouve les enfants et moi embarqués pour une semaine en tête à tête. J'ai embrassé leur père des millions de fois avant qu'il parte, avec un petit air de "souhaite-moi bonne chance espèce de salaud".

Et puis finalement... Finalement (et j'ai presqu'envie de dire "comme d'habitude") tout s'est déroulé parfaitement (si ce n'est cette foutue maladie imaginaire de Capucine qui nous a empêché, Noé et moi, d'aller au cinoche!) et cette semaine en tête-à-tête avec mes enfants s'est transformée en une vraie semaine de vacances pour eux et pour moi. On a fait exactement tout ce qu'on avait envie de faire, sans courir, sans se presser, avec grasses-mat' et câlins compris. Musée de la BD, Carnaval de Binche, Journée chez Sophie et atelier cookies, Dodo chez Tatanne, Journée détente, ambiance tropicale et rivière sauvage à l'aquamundo, Plaine de jeux indoor et trempoline, Musée des enfants... Le tout en faisant (et c'est là que je suis tout simplement et non moins humblement très fière de moi) tous les jours une lessive, en rangeant l'appart de fond en comble, en préparant des petits plats délicieux pour tout le monde et en faisant des tris dans les vêtements de mes enfants qui grandissent, grandissent, grandissent.

Bref, une semaine pas glamour pour un sous, pas sexy du tout, en mode "ménagère de moins de 50 ans" mais une putain de bonne semaine, avec tellement de plaisir à être là où j'étais, avec les personnes avec qui j'étais et de partager ça avec mes enfants. Finalement, c'était vraiment une semaine d'amour.

Et quand mon amour à moi est revenu, mon homme parmi les hommes... C'était tellement bon de pouvoir l'accueillir dans notre cocon de bonheur.

A moi, ça me fait un bien fou de savoir que je suis capable de gérer, seule et bien. Tout simplement.

lundi 17 décembre 2012

Comme une chef !

J'avais adoré le gâteau d'anniversaire de Célestine ! Je me suis donc lancé un challenge de taille : réussir le même gâteau (la déco Hello Kitty en moins...) pour l'annif de Ronja. C'est à dire, pâtisser aussi bien que Chloé et ça c'était pas gagné d'avance. Pourquoi pour l'annif de Ronja ? Parce que Ronja et Grimür sont les enfants d'Anina et que leur vie déracinée me touche. Ils n'ont pas de marraine, de papa, de grand-mère ou de grand-père pour leur faire leur gâteau d'anniversaire, ils n'ont pas d'amis avec qui rire ensemble d'une bonne vieille blague finlandaise ^^

Du coup, je me suis sacrifiée pour la bonne cause.

D'abord, j'ai couru contre vents et marrées à la recherche du bon colorant... Ça m'a pris une demie-journée, sans rire.

Ensuite, j'ai suivi la recette A LA LETTRE (chose que je ne fais jamais) ! Ensuite j'ai tenté de cuire les gâteaux... Et là je me suis rendue compte qu'un four dont le thermostat est défectueux c'est un peu comme une radio dont on ne pourrait pas régler le son... C'est over chiant ! Du coup, en dépit de toutes les règles écologiques en vigueur, j'ai cuit mes gâteaux à four ouvert. Ouais, j'ai carrément fait ça. Même pas peur.

J'ai fait mon glaçage, mon montage, mon émiétage... J'ai même eu le temps de faire un gâteau rose Noé friendly et TADAAAAAAAAAAAMMM je suis arrivée (deux heures en retard) avec deux gâteaux pour l'anniversaire de la splendide Ronja. Forcément, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il était un peu moins beau que l'original MAIS il était carrément aussi bon et ça c'est la grande classe !

Et puis avec le reste, j'ai fait des pop cakes, avec un peu de margarine et de crème d'amande, et ça aussi c'est trop d'la balle !

Bref, pour une fois, je n'ai pas foiré ma pâtisserie ! Merci Chloé :-)

dimanche 2 décembre 2012

Des amis, du fromage, des gâteaux et des anniversaires

C'est un week end comme on les aime. Les jours sont pleins de belles choses sans qu'on doive courir d'une chose à l'autre. On déteste courir d'une chose à l'autre. On aime être là où l'on est, sans avoir à penser à ce qui viendra. C'est comme ça qu'on choisit de passer notre temps ensemble. Vendredi, journée ménage et calinage avec Capucine. Petit lunch et belle papote avec Anne. Fondue savoyarde avec Emilie, Sébastien et Violette le soir. On parle des nos secrets de famille et on rit à celui qui aura le pire. Violette marche magnifiquement. On boit du vin blanc et on va dormir trop tard. On aime aller dormir trop tard parce qu'on a passé du bon temps. Le lendemain est une journée famille. On joue ensemble, à 4, jusqu'à ce que j'aille jouer les Saints Nicolas à la FNAC et que j'y trouve Anina. On papote encore autour d'un chocolat chaud, d'une bionade et d'un ballotin de pralines. Parce que les fleurs c'est périssable. On se retrouve tous à la maison pour une raclette. Oui, un lendemain de fondue, fallait oser. On joue à "7 wonders" et Guillaume m'appelle Sophie toute la soirée. Personne ne lui dit rien et en partant il est un peu gêné quand Nathan me dit "au revoir Camille". La prochaine fois je lui dirai que ça m'a plu de m'appeler Sophie pendant quelques heures. Dimanche se lève sous la neige. Vincent s'exclame "regarde Capucine, il a neigé !" et dans mon sommeil je souris en pensant que ce doit être sa première neige. Célestine nous attend pour fêter son anniversaire. On mange un gâteau délicieux à 3 étages avec une tête de Hello Kitty. Chloé est simplement trop douée et c'est parfait comme ça. La lumière est magnifique quand on quitte la fête pour rejoindre celle de Arthur le pirate. Il fait toujours aussi chaud chez les Auderghemois et les gâteaux ne sont pas moins bons. On parle de la prochaine soirée docu/débat et Noé offre son dessin. Il est beau son dessin. Le week end se termine doucement. C'était chouette.

lundi 12 novembre 2012

Un genre de week end parfait

C'est un week end d'anniversaire. Les WE d'anniversaire peuvent être fatals, s'embourber dans la déprime du temps qui passe, des rides qui creusent et des amis qui manquent. Mais pas celui-ci. Il y avait les amis, Chloé, Juliette, Ludo et mon amour, un vendredi soir. On mangeait des sushis, des cacahuètes et des melo-cakes pendant que Chloé nous maquillait et nous coiffait. On était toutes belles et on allait danser. J'avais même une plume dans les cheveux, des smoky eyes de magazine, une robe année folle de dentelle et de décolleté et des talons de 10 cm, ou presque. On est allé danser. Même que mon frère est venu, et Gilles, et Nathan, et Anina, et Diane, et Evan. Et on a bu, aussi. Peut être un peu trop, mais c'est bien de pouvoir boire un peu trop, de temps en temps. Juste assez pour courir au galop, rire pour trois fois rien, danser façon hip hop et se moquer de ne ressembler à rien. On a rencontré une star qui a reçu deux golden globes et un oscar et on a dansé avec elle. Elle disait que c'était "wonderful" qu'on danse "just for fun" sans se soucier du regard des autres. On a fait tous les instruments qu'on connaissait et personne n'a pensé à faire l'accordéon, sauf moi. Vincent a dansé tout contre moi et j'ai eu envie qu'il m'enlève sur son cheval blanc pour me montrer à quel point il m'aime. Mais on est restés, on a dansé encore un peu et c'était bien aussi.

On a fermé les yeux avec les oreilles qui bourdonnaient. Vincent s'est levé quelques heures plus tard pour récupérer nos enfants. Ils avaient passés une bonne soirée aussi. J'ai pris une douche en les attendant. Ludo et Auguste étaient là. Auguste a couru faire un bisou à Noé et Capucine et j'ai trouvé ça beau, ce sourire sur ses lèvres. Les enfants m'ont offert mon cadeau d'anniversaire, on a mangé des crêpes (que Noé peut) et on a laissé filé le temps, un peu, parce que c'était bien et chouette qu'on papote ensemble, comme ça. Puis on a embarqué les enfants dans la voiture et on est allés fêter Anouk. Les enfants ont joué ensemble et c'était chouette d'être à la campagne, dans cette belle maison, devant ce feux ouvert. C'était chouette de manger des frites et du pain de viande. C'était chouette d'être là. On a ramené Célestine à ses parents, on est rentrés chez nous et on a bien dormi, encore.

On a préparé une ratatouille. Il était 10h, on devait partir dans une heure. Noé avait fait la grasse mat', Capucine aussi, et nous on ne s'est pas fait prier, du coup. On a pris Antoine sur le trajet, on allait chez tata Bibi. Arrivés là bas, on se rend compte qu'on s'est trompé d'endroit. Les enfants dorment dans la voiture et nous on repart, direction les Ardennes françaises, Haybes, pour visiter la nouvelle maison de ma cousine. Tout le monde est là qui nous attend, affamé. Noé et Constant se trouve rapidement, Capucine et Axelle aussi, même si Capucine continue à ne pas vouloir vivre en dehors de mon giron... Zoé joue du djembe, Justine s'occupe des plus petits qu'elle, il y a 10 fois trop à manger, à boire, les enfants sont gâtés, Vincent et moi aussi. Ce que je les aime. Ce qu'ils vont me manquer. L'espace d'un instant, un instant seulement, je me suis vue moi aussi dans une maison là-bas, près d'eux, près de ma famille, avec un grand jardin et un village autour et ça m'a fait du bien.

Il y a des WE comme ça. Des WE parfaits, de part en part.

Merci à vous tous pour tout ça, tout cet amour, parfois pudique, parfois si simple qu'on ne le voit pas tout de suite, parfois exubérant, toujours chaud. Merci.

mercredi 31 octobre 2012

Têtes de gland

Petite ballade dans les collines avec Tao, Lilou et leur maman. Les enfants jouent à cache-cache, reconnaissent les traces laissées dans la terre fraîche par les randonneurs à cheval, s'envoient le ballon en mousse et courent derrière en riant si fort qu'ils en tombent. Pendant que Tao, le grand, fait le fier en dévalant la pente sur son vélo, Lilou et Noé ramassent des glands et s'inventent des histoires. C'est bucolique, c'est charmant, il fait frais mais on est bien, au soleil couchant...

Une main sur la tête, tenant un chapeau de gland :

"Et regardez, on est des glands !!"

Fou rire. On leur demande quand même d'avancer un peu plus vite.

"Ben, on peut pas, on est des glands !"

Re-fou rire.

C'est bon quand c'est si simple de rire.

mardi 30 octobre 2012

De la souffrance des gens qu'on aime

L'arrivée à Marseille est teintée de gris. D'abord, la brume. Rare. Ensuite, le Mistral qui hurle à nos oreilles qu'il va nous rendre fou. Le froid qui pénètre nos os.

Mais surtout cette soirée entre amis. Cette même soirée que l'on fait chaque fois que l'on vient. On est tous réunis, les enfants sont tous là, tout le monde parle, crie, joue. C'est un grand brouhaha avec des éclats de rires, des éclats de voix, des "mange tes pâtes" et des "mais c'est quoi ces conneries".
Cette fois, pourtant, il y avait comme une sourdine dans les voix et dans les coeurs.

Ce bébé, d'abord, qui ne naîtra pas. Ce foetus qui le restera à jamais. Pourtant, en 5 mois, on s'était déjà habitué à sa présence, il était attendu, espéré. Ces 400 gr de promesse de vie bientôt réduite à néant à cause d'un diagnostique sans appel. Un "diagnostique". Ce mot est laid et difficile à dire tant sa réalité, quand elle ne mène pas à une chance de guérison, est laide et difficile à vivre. Bien sûr, il y aura toujours ceux-là pour dire qu'il vaut mieux le savoir maintenant que plus tard... Mais il aurait tellement mieux valu encore que tout aille bien ! Et par respect pour les parents, la soeur, les cousines, les grands parents, on s'en tiendra à ce constat. Les médecins, les psys sont tous pleins de bons conseils. Regarder ce bébé en sursis une première et une dernière fois. Lui donner un nom. Il paraît que ça aide pour le deuil. Et voilà les parents qui se retrouvent obligés de chercher un nom auquel ils ne pensaient pas encore. Y a-t-il une catégorie de nom que l'on peut donner aux enfants qui ne vivront pas ? De qui donc doivent-ils faire le deuil ? De ce foetus qu'il ne connaisse pas... de ce bébé qui n'existera pas ? L'Etat civil n'en veut même pas. Il n'apparaîtra pas sur le livret de famille. Comme si rien ne s'était passé. Et pourtant, il faut trouver un nom, vider son ventre, accoucher, pleurer, faire le deuil de cette grossesse qui n'ira pas à son terme, de ce foetus qui n'était pas fait pour ce monde. Les bébés sont faits pour naître, pas pour nous laisser le ventre vide et le coeur en creux. Oui, vraiment, il aurait tellement mieux valu que tout se passe bien.

Et puis il y a cette autre, forte et belle et courageuse qui se retrouve plantée là devant sa classe, avec pour la première fois depuis 10 ans une grosse envie de chialer, une grosse envie de partir loin et de tout laisser...Alors elle va voir sa proviseur, lui annonce qu'elle rentre chez elle sous peine d'en frapper un, se fait arrêter 10 jours par son médecin alors qu'elle ne pensait pas en être arrivée là. Celle-là qui pensait savoir gérer une classe, tantôt avec de la poigne, tantôt avec de l'humour. Celle-là qui pensait susciter du respect et qui en retirait une certaine fierté, qui faisait son métier avec la sensation de faire quelque chose de bien, de faire avancer la société, d'avoir un rôle social, certes dévalorisé et sous-payé, mais tellement important. Et puis tout ça pour quoi ? Tout ça pour qu'un minot pas bien grand les menace de sortir son arme en conseil de discipline ? Elle raconte tout ça et ce sont les larmes qui pointent, le constat d'un échec aussi et les désillusions "qu'est-ce que je peux faire, moi, avec mes pauvres menaces d'exclusions temporaires quand ils en sont à se menacer à la kalachnikov à la sortie du collège ?" Là encore, pas de conseil, rien. Juste du silence. Une drôle d'impression que nous ne sommes plus grand chose quand le monde s'emballe...

Et enfin la dernière, qui nous parle de son genou comme on parle de pas grand chose, avec malgré tout son regard qui s'évade, un peu triste. Après des mois et des mois de douleurs, et ça n'est pas fini, après des mois et des mois de rééducation difficile, elle ne sait toujours pas le plier. Elle travaille, elle s'occupe de ses deux enfants, elle continue sa vie avec sur son genou ce point d'interrogation. Pourquoi. Pourquoi tous les autres qui ont eu le même problème qu'elle, la même opération, peuvent depuis tout ce temps courir, pédaler, faire du ski, même ? Pourquoi... Et le médecin qui lui dit qu'aujourd'hui on vit très bien avec des rotules en plastique. Mais quand même, c'est son genou... Et pour détendre l'atmosphère on lui dit un peu bêtement que c'est pas comme si elle s'en servait beaucoup. Elle rit aussi, parce qu'elle est polie et rieuse et parce qu'il n'y a plus rien à faire d'autre. Mais son regard s'arrête un instant dans le vague et je sens un peu de désespoir dedans. Juste assez pour me faire mal au ventre et pour me donner envie de la prendre dans la bras. Mais j'ai trop de pudeur et je ne sais pas. Alors je reste là, comme une conne.

Devant la souffrance des gens qu'on aime, on est souvent démuni... C'est un triste constat, pas une excuse.

mardi 23 octobre 2012

Fraise-Thérapie !

J'avais un peu les nerfs en pelote (on en parle ou pas des hormones ?) et une sacrée envie d'en découdre avec la terre entière. Alors, ni une ni deux, j'ai piqué à Laurianne sa fameuse "Fraise-Thérapie" !

Alors :

Se bousculer pour aller au hip-hop, attendre sur les marches d'une maison que le bus arrive en bouquinant, voir Emilie arriver et sourire en réponse à son sourire, entrer dans une vraie salle de danse avec des barres et des miroirs et se sentir petite fille, rigoler en essayant de reproduire les pas hip hop style, se sentir ridicule et avoir l'impression d'avoir 15 ans, rentrer en papotant et rater son arrêt, faire un petit footing pour rentrer chez soi, retrouver Anne et Vincent, boire une petit verre de vin pour démarrer la soirée, rire en racontant mes exploits sportifs, parler de choses plus intimes, manger un délicieux couscous, finir le repas en beauté avec des oranges au caramel et à la cannelle, aller dormir fourbue et détendue, se réveiller le lendemain avec les rires de son grand garçon, voir la poupette qui saute dans les bras de sa puéricultrice dans un éclat de rire, partager un menu petit déjeuner avec le Gilles au soleil de la place Flagey, se balader autour des lacs en se racontant des histoires de filles, rire des bonnes blagues l'un de l'autre, se dire que la lumière d'automne c'est quand même magnifique, s'émerveiller de voir les feuilles tomber tout droit du ciel, se moquer du grand Gilles qui semble découvrir que le soleil est plus bas en automne, essayer des vêtements dans le magasin de seconde main et s'écrouler de rire devant le résultat peu convaincant, se retrouver chez lui à chantonner du Daho, écouter les conversations adolescentes dans le bus, entendre Noé s'exclamer "oh, maman !" avec un grand sourire en allant le chercher à l'école, voir ses amis lui sauter dessus pour lui dire au revoir...

On respire un grand coup. On se dit que ça va plutôt bien, en fait.

lundi 22 octobre 2012

Sophie

Sophie, il y a un peu plus d'un an, presque 2 même, je t'avais déjà consacré une partie de billet... J'avais envie de faire mieux, cette fois-ci.

J'avais envie de te dire "merci". Sans (trop de) fioritures, sans (trop de) mots, sans (trop de) pudeur.

C'est une espèce d'amitié un peu bâtarde, mi virtuelle, mi réelle que la nôtre. C'est une espèce d'amitié sans équivalent, un peu bancale peuvent penser certains... Pourtant, si j'ai quelque chose de vraiment lourd à dire, je sais que tu es là. Tu écoutes, tu acceptes. Tu es là, simplement. Pourtant, si j'ai honte de moi, si je ne me sens pas à la hauteur, si je me sens faible et défaillante, je sais que je peux compter sur toi pour me dire que je peux sans rougir avoir confiance en moi. Pourtant, si j'ai besoin d'être vraiment moi jusqu'au bout, je sais que je peux attendre de toi que tu ne me juges pas. Parce que tu es comme ça. Parce que tu as l'humilité des gens biens... Et c'est tellement précieux.

Sophie, on ne se serait peut être pas rencontré dans une autre vie, une vie sans internet... Quel gâchis !

J'espère que je t'apporte au moins la moitié de ce que tu m'apportes.

Merci merci merci !

mercredi 17 octobre 2012

Auguste à la maison

Noé me dit "c'est chouette que Auguste y vient à la maison parce que moi j'ai pas de petit frère alors ce sera comme mon petit frère pendant une journée !" et on se dit qu'on va passer un bon moment. J'arrive en retard à la crèche. Je cherche Auguste à la Baraque, je vole un téléphone, je retrouve Auguste. Il chante dans la voiture. Il saute sur Capucine, Noé lui saute dessus. Ils sont contents. Auguste mange de la soupe de potiron, beaucoup, puis deux speculoos. Il chante encore. Il est 19h15, rituel du coucher. On lit une histoire pour Auguste, Noé ponctue, Auguste rit, Capucine chante. Auguste prend un bus dans son lit pour accompagner ses rêves et ça, ça a l'air vraiment chouette. 19h45, la lumière est éteinte. On entend le bruit du bus qui découvre les limites du lit pliable. 20h, silence. Tout le monde dort. Bonne nuit les enfants. Deux réveils nocturnes plus tard, Auguste se réveille en cherchant son papa et sa maman dans ses larmes mais sourit quand c'est Vincent qui descend. D'ailleurs, il appelle Vincent "papa". Non, Auguste, je t'assure... je sais qu'ils se ressemblent mais ce n'est pas ton papa. Noé, Capucine et Auguste se retrouvent dans le canapé. Ils ont leur tête du matin, beaux à craquer ! Noé réclame un biberon "comme Auguste !" alors ils prennent un biberon, entre mecs. Noé fait des câlins aux petits. Les petits câlinent le grand. Auguste embrasse Capucine. Capucine râle : "pas trop fort !!" mais finit par en redemander. Ensuite c'est un peu la course pour conduire à l'heure les deux nôtres à la crèche et à l'école. Auguste veut qu'on l'habille, qu'on le conduise lui aussi. Non, Auguste, tu restes avec nous. On va jouer. Les voitures de Noé, les barbapapas, les fruits et légumes en bois, les sachets de riz coloré, les livres... Auguste fait le tour de la chambre de Noé, en chantant, encore. De temps en temps il s'arrête pour manger une banane, en chantant, des raisins, en chantant, une orange, en chantant... Je finis par comprendre qu'il a peut être faim... Je lui propose une assiette de lentilles et de riz qu'il avale... en chantant. J'oublie de lui proposer un dessert. Il me tire par la main vers l'armoire à sucreries et sautille en rigolant quand je lui tends un speculoos. La journée passe comme ça, tranquillement. Il nous parle de ses chaussures, beaucoup, et de ses chaussettes aussi. Il aime beaucoup dire "encore" quand il a fini de manger. N'aime pas quand on lui dit "non, ça suffit" mais se laisse facilement convaincre qu'on le nourrira encore d'ici la fin de la journée. Auguste retrouve sa grande soeur, dans l'allégresse totale.

Je pense qu'Auguste a passé une bonne journée avec nous, et nous avons passé une bonne journée avec lui. C'était gai !

mardi 9 octobre 2012

Mardi House

Le mardi soir, c'est le mardi seule. Le mardi soir, Vincent donne ses cours d'accordéon et je suis seule avec les enfants. Le mardi soir, c'est aussi Dr House. Dr House c'est le personnage parfait. Dr House, c'est mon Mister Hyde à moi. Et on a carrément besoin d'un Mister Hyde en nous pour vivre pleinement. Alors, le mardi soir, je couche les enfants tôt et je regarde Dr House.

Je me souviens m'être dit que House il ressemblait vachement à Nathan... House, c'est juste le héros d'une série US bien ficelée, un personnage intéressant, alors que Nathan c'est pour de vrai. Nathan il est tendre et gentil et il sait mentir pour ne pas faire de peine à quelqu'un alors on ne peut pas vraiment dire qu'ils se ressemblent trait pour trait. Mais Nathan, c'est aussi l'intelligence pure. Nathan c'est celui dont l'avis est toujours intéressant et qui s'abstient d'en avoir un quand il ne sait pas. Nathan c'est celui qui n'est jamais ni pour, ni contre, bien au contraire parce qu'il refuse de voir la vie comme un monolithe. Nathan c'est celui qui, le premier, a ouvert mes yeux sur toute la complexité du monde. Nathan, c'est celui qui ne pense jamais comme personne, celui dont le point de vue est toujours original, argumenté, réfléchi. Nathan, c'est celui qui, longtemps, m'a aidé à être moins démunie. Il m'a appris le sens critique, l'analyse. Mais surtout, ce que je retiens, c'est sa propension à ne pas penser dans les clous. Et j'admire ça.

Nathan c'est le parrain de Noé. Je sais que pour lui ça ne veut pas dire grand chose. Il a toujours dit que même s'il n'avait pas été son parrain, il aurait aimé Noé comme il l'aime. Pour moi, c'était important. C'était un message envoyé à mon fils : je t'aime tellement que je te donne le meilleur parrain du monde. Mais, effectivement, je ne pouvais pas rêver une plus jolie relation entre eux...

Bon, j'ai un peu dévidé du sujet initial, là... ^^

Ce soir, c'est mardi soir et ce sont les deux derniers épisodes de la dernière saison de Dr House. Et ça, c'est cool !! Les enfants dorment, je mangerai une vieille soupe chinoise devant la télé et ce sera délicieux !

Petit traiteur entre amis

On s'est fait un petit repas, avec les qui ont pas d'enfants, les qui travaillent pas le mardi matin, les qui voulaient vraiment être là pour fêter Vincent. Ils sont venus avec la bouffe, avec le vin et avec leur bonne humeur et c'était simple et parfait. J'étais saoule, vous étiez drôles, Vincent était beau et c'était gai de partager ce moment-là ensemble. Pas de stress d'organisation, juste un bon repas (je veux l'adresse de ce traiteur indien !), de bons amis et une soirée "secret story" new style... Mais on est tous vraiment nuls pour garder nos secrets !

A refaire, pour toute autre occasion et même sans occasion du tout ! Merci à tous les trois. A la prochaine !

lundi 8 octobre 2012

Juliette, le patchouli et notre adolescence

Juliette elle devait pas faire beaucoup plus que 130 cm, quand je l'ai rencontrée. Elle avait les cheveux rouges, puis bleus, puis verts délavés. Un jour, l'école nous a emmené à Amiens et Senlis, et depuis on ne s'est jamais vraiment quittées. Dans ma tête, "Amiens et Senlis", ça a la même couleur que Juliette. Puis, Juliette m'a présentée à tous ses amis et j'étais très impressionnée. Ils étaient grands, ils étaient beaux et ils étaient fous. Tellement que moi je me sentais infiniment petite à côté d'eux. Juliette disait "ce sont les Daeps et toi tu es une daepsette" et moi je disais toujours "non non, moi je suis pas une daepsette... c'est toi la daepsette". Juliette et moi on jouait à "Juliette habille Camille" et les gens trouvaient que je m'habillais bien. J'ai mis des robes mauves, des jupes fushia, des bandeaux dans mes cheveux, des t-shirts superposés. Juliette elle savait comment me rendre belle. Puis, Juliette a voulu que je fasse du théâtre avec elle et avec Anne Gérard, alors j'ai fait du théâtre. Juliette a voulu que je vienne à Jérusalem avec elle, alors j'y suis allée... Avec Juliette, j'ai vécu toutes mes premières fois. Mon premier amour, mon premier baiser, ma Première Fois, mon Amour longue distance, Le Grand Amour, la Maternité... Avec Juliette, il y a eu Avignon aussi, quand j'étais toute perdue et toute malmenée par ce garçon dont j'étais folle et qui avait une bien drôle de façon de me dire que c'était réciproque. Juliette elle était là à ramasser mes larmes à la petite cuillère. Parce que Juliette, elle sait écouter simplement, sans juger. Même si Juliette elle aime bien trouver des solutions et que parfois on a envie de lui dire que ce n'est pas la peine. C'est parce que Juliette elle aime bien tout organiser pour tout le monde et tout le temps, que tout se passe bien. Quand elle joue la première de son spectacle à Londres, moi je suis dans les gradins, tout en haut. Juliette est tellement petite sur la scène, de là où je suis, que je doute un instant que ce soit bien elle. Et puis il y a la voix de Juliette et je me dis qu'il est loin le temps où on chantait "aaaah qu'on est bien dans un bon bain" pendant qu'elle jouait du piano.
Aujourd'hui, quand je passe rue Antoine Dansaert, je pense à ce vieil appartement bruxellois et à la chambre de Juliette, tout au fond, juste après le dressing, et ses rideaux en patchwork. La fresque dans la salle de bain, les mosaïques, les carreaux teintés, l'odeur de patchouli et d'herbe et c'est toute mon adolescence qui me remonte aux narines... Ma grosse veste brune, mes chemises trop grandes, mes baskets masculines, Ian, Tom, les Daeps, Pierre, Noam et tous les autres. Et puis Ludo qui arrive pour fêter les 18 ans de Juliette et son entrée dans la vie d'adulte. Ludo il lui change la vie, qui la rend encore plus belle, plus femme, plus sûre d'elle et ça se voit dans ses yeux. De l'extérieur, c'est Juliette qui emmène Ludo dans son monde, le Québec, tout ça. Mais moi, je sais que Ludo il a mis beaucoup de son monde dans celui de Juliette... Les arbres, la nature, l'odeur des cascades... Et aux Moissons les voilà qui accueillent leurs amis avec une tasse de thé, puis à la roulotte, puis à Saint Gilles, puis à Lauzelle, puis... Juliette et Ludo sont nomades mais ils sont partout chez eux et chacun à leur façon font des lieux qu'ils habitent un endroit où ils fait bon être. Et depuis quelques années ce sont moins les histoires de garçons qu'on se raconte que les histoires de nos enfants.
Juliette elle veut toujours le beurre, l'argent du beurre et le sourire du crémier. Et quand Juliette veut... souvent, Juliette obtient et nous, les autres, on se demande comment elle fait. Mais quand elle n'y arrive pas, que le crémier est de mauvaise humeur ou que le beurre est un peu ranci, Juliette est triste et se demande pourquoi le monde est si injuste. Juliette chante et danse au milieu de tout le monde et quand elle n'a plus le coeur à ça, nous, les autres, on s'inquiète et on se demande pourquoi Juliette ne danse plus.
Juliette, c'est un peu l'Amie avec un grand A. L'Amie d'hier, de demain, de toujours et pour toujours. Parce que ça ne peut pas être autrement, tout simplement.

Et puis Juliette elle comme ça, aussi :

Et si je parle de Juliette aujourd'hui, c'est un peu de mon adolescence que je parle et de ce temps béni où nos préoccupations étaient aussi légères qu'un regard de velours et les "tu crois qu'il m'aime bien ?" C'est un peu de nostalgie qui coule... Pourtant, parce que nous avons vécu cette vie là ensemble, il me semble qu'il y a aura toujours un peu d'insouciance en nous. Il y aura toujours un peu de légèreté tant qu'on pourra s'embarquer l'une et l'autre dans nos coups de folie respectifs. Il y aura toujours dans le regard que Juliette porte sur moi, le rappel de l'adolescente que j'ai été... Et c'est aussi ça qui rend cette amitié si nécessaire...

vendredi 5 octobre 2012

Discussion entre mecs

L : T'aimes bien mon t-shirt ?
N : Non...
L : Ah bon ? Pourquoi ? Tu préfères celui de spiderman ?
N : Oui.
L : Ah. Je pouvais pas le mettre, il était trop sale.
N : Dommage !
L : Tu veux que je le mets pour ton anniversaire ?
N : Oh, oui ! Chouette !

jeudi 27 septembre 2012

Retour aux sources

A l'origine, ce blog s'appelait "comment je suis devenue nageuse" puis, la grossesse avançant et le temps se perdant, la piscine ne fut plus qu'un lointain souvenir...

Jusqu'à aujourd'hui.

On était là, on papotait entre copines, on était bien. Au moment d'entrer dans l'eau on appréhendait un peu et puis finalement... finalement c'était exactement l'endroit où j'avais envie d'être avec la personne avec qui je voulais y être. J'ai fait des milliards de longueurs, sur le dos, en brasse, en crowl, avec les palmes ou avec la planche, j'ai bu la tasse en rigolant, j'ai souri en regardant les dames sur leur vélo aquatique pédaler au rythme  d'une mauvaise variété up tempo, j'ai dépassé les nageurs trop lents, je me suis fait rattraper par les nageurs plus rapides et puis on a encore rigolé, on a pris une douche chaude, très chaude, et c'était juste parfait. 

J'ai pas pris de douche tout de suite en rentrant. Je voulais garder un peu l'odeur du chlore, sur moi. Il y a comme de la madeleine de Proust dans cette odeur... L'odeur de la piscine d'Enghien, quand pépé nous déposait au stage pour qu'on apprenne à nager et qu'il revenait nous chercher, le coffre de sa Lada rempli de chocolat du Aldi. On avait les yeux rouges, les cheveux mouillés, on avait un peu froid, mais putain qu'on était bien. 

Aujourd'hui, j'ai les yeux rouges, encore... et ils piquent... Pas sûre que demain ou un autre jour j'utiliserai mes lunettes de natation, pour autant.

Vraiment, j'aime l'odeur du chlore. Et je crois qu'il n'est pas encore venu le temps de fermer les yeux sous l'eau.