mercredi 29 août 2012

Mauvaise fortune, bon coeur

Bon, il semblerait que je ne sois pas désignée pour aller me poster devant une classe d'adolescents ravis, enjoués et trépignant d'impatience à l'idée d'apprendre de nouvelles choses.

Si la nouvelle n'est pas bonne, elle n'est pas mauvaise. J'ai l'habitude de faire "contre mauvaise fortune bon coeur" (et je suis très contente d'avoir plus placer cette expression quelque peu désuète). J'ai une tendance très certaine à trouver du bon dans toutes les situations.

Bien sûr, j'avais  hâte de travailler, marre d'être "femme au foyer" (d'autant que je suis une très mauvaise femme au foyer), et j'étais surtout désireuse d'avoir un statut plus valorisant, de prendre le taureau par les cornes...

MAIS

Mais cette année est la dernière. La toute dernière. Celle qui n'aura jamais d'équivalent. L'année de toutes les dernières fois.

Et si je profitais ? Et si j'avais envie de la passer autrement qu'à courir derrière le temps pour construire des cours, affronter des classes sans préparation ? Et si je n'avais pas envie de me mettre en difficulté, cette année, pour mieux préparer les difficultés de l'année prochaine ?

Ces 10 prochains mois, j'ai envie de prendre le temps de voir les gens, les lieux. J'irai voir les amis d'avant, les paysages d'antan. J'irai au cimetière raconter à Pépé qu'ici ou ailleurs il ne me manquera pas moins. J'irai dans la campagne faire du vélo comme à 7 ans. J'irai chez Stéphanie parce qu'à force de s'envoyer des sms, je risque d'en oublier la couleur de ses yeux bleus. J'irai là où l'enfance m'appelle pour sniffer l'air dont j'ai oublié l'odeur. Et déjà je sens que chaque ami que je vois remplit des cases dans mon coeur avec écrit dessus "à ne pas oublier". Je veux tout fixer, tout imprégner. Je m'y prends tôt, peut être, mais je sais d'ors et déjà que je n'aurai pas assez d'une année pour me nourrir complètement. J'ai envie que cette année ne soit plus celle des rdv manqués et des "comme le temps passe vite". Je voudrais arrêter le temps, un peu. Comme hier soir. Je voudrais que les soirs comme hier soir arrive tous les soirs. On a arrêté le temps et on a pu se dire tout ce qu'on avait envie tout simplement parce qu'on était heureux d'être ensemble.

Les départs, c'est aussi l'occasion d'apprendre qu'on aime les gens et que les gens nous aiment. J'ai envie de profiter de cette jolie chose, le temps qu'il me reste ici. Même si je reviendrai, ce ne sera plus jamais pareil. Je m'en rends compte chaque fois que je lis de "l'adieu" dans le regard des gens.

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